Le Parc National des Pyrénées est l'un des espaces naturels les plus emblématiques de France. Créé en 1967 pour protéger une nature exceptionnelle face à l'exploitation humaine, il est le troisième parc national français. Trente ans plus tard, en 1997, une grande partie de son territoire, incluant les spectaculaires cirques de Gavarnie, d'Estaubé et de Troumouse, a été inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette reconnaissance souligne la valeur inestimable de ses paysages grandioses et l'importance de sa culture agropastorale séculaire.
Ce vaste territoire sauvage s'étire sur près de cent kilomètres le long de la frontière espagnole, traversant six grandes vallées entre la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie. Il se divise en deux secteurs : une aire d'adhésion regroupant soixante-sept communes engagées dans le développement durable, et la fameuse Zone Cœur. Dépourvue d'habitants permanents, cette zone ultra-protégée de 45 707 hectares ne descend jamais sous les 1 067 mètres d'altitude et culmine à 3 298 mètres au sommet du Vignemale. Le parc gère également les réserves naturelles du Néouvielle et des vautours fauves d'Ossau.
Cette immensité constitue un sanctuaire vital pour la biodiversité. Les randonneurs évoluent au milieu de plus de 2 500 espèces végétales, dont plusieurs sont strictement endémiques, comme la Ramondie ou le majestueux Lys des Pyrénées. Côté faune, le massif abrite environ 4 000 isards, véritables symboles des cimes, qui partagent les estives avec d'innombrables marmottes. Dans le ciel, il est très fréquent d'observer le vol des grands rapaces tels que le Vautour fauve et le Gypaète barbu, qui trouvent un refuge idéal dans ces falaises abruptes.
Franchir les limites de la Zone Cœur, matérialisées sur les sentiers par une tête d'isard rouge, implique de respecter une réglementation stricte et sans exception. La règle majeure est l'interdiction totale des chiens, même tenus en laisse ou portés. Pour garantir la préservation des lieux, les feux de camp, le survol en drone, le VTT et la cueillette sont formellement interdits. Le bivouac reste toléré pour les marcheurs, à l'unique condition d'installer sa tente à plus d'une heure de marche de tout accès routier, et exclusivement entre 19 heures et 9 heures le lendemain matin.